Aujourd’hui, je me suis rendu à La Constellation.

Aujourd’hui, je me suis rendu à La Constellation.

Pourquoi ?
Parce que des habitants m’ont invité.
Parce qu’ils m’ont dit :
« Venez voir. Venez comprendre ce que nous vivons au quotidien. »

Alors j’y suis allé.

Ce que j’ai vu, ce ne sont pas des clichés de quartier perdu.
Ce sont des familles courageuses, des enfants qui grandissent trop vite, des habitants qui vivent avec une inquiétude permanente… mais qui restent debout.

Ce que j’ai ressenti, c’est une tension palpable.
Des regards lourds, des silences qui en disent long.
Oui, ma présence a dérangé. Oui, j’ai été observé.
Mais c’est justement pour cela qu’il faut y aller.
Parce que l’absence des institutions crée le vide.
Et ce vide, on sait trop bien par qui il est rempli.

Je suis reparti en colère.
En colère de voir à quel point ce quartier est abandonné :
Par la municipalité, par le bailleur, et trop souvent… par les pouvoirs publics.

Qui peut accepter de vivre dans de telles conditions ?
Qui peut tolérer des logements dégradés, des halls laissés à l’abandon, des habitants livrés à eux-mêmes ?
Et pendant ce temps-là, on continue d’envoyer des quittances de loyer, des avis d’impôts, des slogans marketing :
« Tellement proche »… Proche de quoi ?
De l’humiliation quand on reçoit des amis ?
Des infiltrations dans les murs ?
De l’indifférence institutionnelle ?

Mais je n’ai pas seulement vu de la colère.
J’ai vu de la dignité.
J’ai entendu des habitants qui veulent juste vivre normalement.
Qui veulent pouvoir rentrer chez eux sans crainte, laisser leurs enfants jouer dehors sans peur, être écoutés et respectés.

Alors aujourd’hui, je le dis avec calme mais avec fermeté :
Il est temps que ça change.

Il est temps que le bailleur prenne enfin ses responsabilités.
Il est temps que la ville assume son devoir de proximité et de sécurité.
Il est temps que la République soit présente, concrètement, durablement.

Des solutions existent :
Faire revenir les associations.
Rouvrir le local communal pour les jeunes.
Créer des espaces de dialogue et de solidarité.
Et surtout, garantir la sécurité, pour que la peur change de camp.

Je le redis : je reviendrai.
Autant de fois qu’il le faudra.
Pas pour provoquer, mais pour accompagner.
Pas pour stigmatiser, mais pour soutenir.

Parce que la République, ce n’est pas seulement des discours.
C’est une présence.
C’est un engagement.
C’est la promesse de ne laisser aucun quartier, aucun habitant, de côté.

Etienne Blanc Alliade Habitat Ville Tassin la Demi-Lune

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